"Un soir, l'âme du vin chantait dans les bouteilles:
«Homme, vers toi je pousse, ô cher déshérité,
Sous ma prison de verre et mes cires vermeilles,
Un chant plein de lumière et de fraternité!

Je sais combien il faut, sur la colline en flamme,
De peine, de sueur et de soleil cuisant
Pour engendrer ma vie et pour me donner l'âme;
Mais je ne serai point ingrat ni malfaisant,

Car j'éprouve une joie immense quand je tombe
Dans le gosier d'un homme usé par ses travaux,
Et sa chaude poitrine est une douce tombe
Où je me plais bien mieux que dans mes froids caveaux.

Entends-tu retentir les refrains des dimanches
Et l'espoir qui gazouille en mon sein palpitant?
Les coudes sur la table et retroussant tes manches,
Tu me glorifieras et tu seras content;

J'allumerai les yeux de ta femme ravie;
A ton fils je rendrai sa force et ses couleurs
Et serai pour le frêle athlète de la vie
L'huile qui raffermit les muscles des lutteurs.

En toi je tomberai, végétale ambroisie,
Grain précieux jeté par l'éternel Semeur,
Pour que de notre amour naisse la poésie
Qui jaillira vers Dieu comme une rare fleur!
"

Charles Baudelaire

(L'âme du vin)

Publié dans : 3.3. Culture (Chansons, Poèmes)
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Commentaires

C'est à afficher dans les caves !! Bonne journée !
Commentaire n°1 posté par missmio le 23/02/2006 à 11h08

ET POURQUOI PAS ?

Ivrogne, c'est un mot qui nous vient de province 
Et qui ne veut rien dire à Tulle ou Châteauroux, 
Mais au cœur de Paris je connais quelques princes 
Qui sont selon les heures, archange ou loup-garou 

L'ivresse n'est jamais qu'un bonheur de rencontre, 
Ça dure une heure ou deux, ça vaut ce que ça vaut, 
Qu'il soit minuit passé ou cinq heures à ma montre, 
Je ne sais plus monter que sur mes grands chevaux.

Ivrogne, ça veut dire un peu de ma jeunesse, 
Un peu de mes trente ans pour une île aux trésors, 
Et c'est entre Pigalle et la rue des Abbesses 
Que je ressuscitais quand j'étais ivre-mort... 

J'avais dans le regard des feux inexplicables 
Et je disais des mots cent fois plus grands que moi, 
Je pouvais bien finir ma soirée sous la table, 
Ce naufrage, après tout, ne concernait que moi.

Ivrogne, c'est un mot que ni les dictionnaires 
Ni les intellectuels, ni les gens du gratin 
Ne comprendront jamais... C'est un mot de misère 
Qui ressemble à de l'or à cinq heure du matin. 

Ivrogne... et pourquoi pas ? Je connais cent fois pire, 
Ceux qui ne boivent pas, qui baisent par hasard, 
Qui sont moches en troupeau et qui n'ont rien à dire. 
Venez boire avec moi... On s'ennuiera plus tard.


* * * * *


Bernard Dimey

Commentaire n°2 posté par Fredogino le 23/02/2006 à 11h31
Cherche désespérement quiche au roquefort !!
Commentaire n°3 posté par missmio le 23/02/2006 à 20h37
recherche désespérément raclette au saumon !?
Commentaire n°4 posté par missmio le 23/02/2006 à 20h38
Merci mille fois !! Je ne pense pas tarder à essayer tout ça !!
Commentaire n°5 posté par missmio le 23/02/2006 à 20h50

 de ta visite et d'apprécier mes mots


Très joli ce poème.


Bises


MM

Commentaire n°6 posté par Marymorgan2 le 03/03/2006 à 13h23

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